Les premiers engagements politiques de Michel Rocard remontent à 1949, année de son adhésion aux Jeunesses socialistes. Il est alors étudiant, mais cela ne lui empêche pas d’assumer des missions politiques conséquentes. Il est par exemple Responsable des étudiants socialistes entre 1953 et 1955. C’est avec le pseudonyme de Georges Servet qu’il se fait connaître en politique à partir de 1953. 1954 : Michel Rocard est reçu à l’ENA et la guerre d’Algérie se déclenche. Michel Rocard devient membre du Parti socialiste autonome. Il est nommé Inspecteur des finances quatre ans plus tard et participe à la création du Parti socialiste unifié en 1960. Il s’agit de la fusion de plusieurs partis dont le Parti socialiste autonome, l’Union de la gauche socialiste…etc. Michel Rocard est un membre fervent du PSU. Si bien qu’il se distingue particulièrement lors du Congrès de 1966 qui a eu lieu à Grenoble. Une année plus tard, il est nommé Secrétaire général du parti.
Le Général de Gaulle quitte le pouvoir à la suite de la victoire du NON lors du référendum de 1969. Pronant un Pouvoir de transition vers le socialisme, Michel Rocard se porte candidat à l’élection présidentielle qui suit, mais ne rassemble que 3,61% des suffrages. Il se présente par la suite dans la 4e circonscription des Yvelines lors des législatives de cette même année et y est élu. Il y reste jusqu’en 1973. En 1974, il est très présent durant la campagne électorale de la présidentielle de 1974. Il soutient alors François Mitterrand. Il suggère aux membres du PSU de fusionner avec le PS à cette période, mais son idée ne fait pas l’unanimité. Il décide de claquer la porte du PSU et de rejoindre le Parti socialiste dès décembre 1974. Il en devient membre du bureau exécutif en 1975.
Michel Rocard se présente aux municipales de 1977 et se fait élire Maire à Conflans-Sainte-Honorine. Il y reste jusqu’en 1994 où il devient Conseiller municipal. Il se présente aussi aux législatives de 1978 et regagne sa place de député dans la circonscription de Conflans. Il quitte ce mandat en 1981 lorsqu’il est nommé Ministre. En attendant, il est devenu Conseiller régionale d’Île-de-France. Michel Rocard annonce en octobre 1980 qu’il est candidat à la primaire du PS en vue de la présidentielle de 1981. Il se retire toutefois de la course un mois plus tard à l’annonce de la candidature de François Mitterrand. Rocard n’est en effet pas en très bon terme avec Mitterrand et ce jusqu’à la disparition de ce dernier. Rocard est toutefois nommé Ministre dans les trois gouvernements de Pierre Mauroy à la suite de l’élection de François Mitterrand. Il est ainsi nommé Ministre d’État, ministre du plan et de l’aménagement du territoire durant les deux premiers gouvernements Mauroy puis Ministre de l’agriculture après le second remaniement de Pierre Mauroy. Il reste d’ailleurs à ce poste durant le gouvernement Laurent Fabius à partir de 1984. Il démissionne toutefois en avril 1985 pour manifester son désaccord avec la mise en place du mode de scrutin proportionnel.
Michel Rocard revient au niveau régional et se fait élire député des Yvelines aux législatives de 1986. Il siège à l’Assemblée jusqu’en mai 1988 où il est nommé Premier ministre alors que François Mitterrand entame son second septennat. Son passage à Matignon est marqué entre autres par les Accords de Matignon sur les droits de la Nouvelle-Calédonie pour mettre fin aux violences qui frappent l’île à cette époque. Le Premier ministre Michel Rocard est également à l’origine du Revenu minimum d’insertion et de la Contribution sociale généralisée. En mai 1991, trois ans exactement après sa nomination, François Mitterrand lui propose de démissionner, toujours à cause de leur mésentente. Il démissionne le 16 mai et se consacre à ses fonctions au sein du PS.
À la suite du vote des délégués au congrès national, Michel Rocard devient Premier secrétaire du PS en 1993. Il décide alors de changer profondément les institutions dirigeantes du parti. Cette décision ne lui réussit toutefois pas puisqu’il se fait rapidement des adversaires à l’instar d’Henri Emmanuelli et de Laurent Fabius. Ces deux personnalités se sont d’ailleurs unies et réussit à mettre Rocard en minorité. Ce dernier est alors contraint de démissionner de son poste de Premier Secrétaire dès juin 1994. Il est immédiatement succédé par Henri Emmanuelli et avoue que d’avoir accepté ce poste a été la principale erreur de son parcours politique. Et alors que les sondages le plaçaient en haut de la liste des éventuels candidats à la prochaine présidentielle, Rocard ne se présente pas. Il préfère se présenter aux européennes de 1994 où il est élu et aux sénatoriales de 1995. Il est également élu sénateur des Yvelines. Il représente la circonscription Sud-Est au parlement Européen et fait parti du Groupe du parti socialiste européen. Au Sénat, il intègre le SOC (groupe socialiste). Il démissionne toutefois de son mandat de Sénateur en 1997 puisque le Lionel Jospin le nomme Premier ministre. Ayant eu le choix entre le Sénat et le Parlement européen, il a préféré rester à ce dernier. Cette période de sa carrière politique sera marquée par sa prise de position en faveur du NON lors du référendum européen de 2005. Il s’est également farouchement positionné en faveur de la Turquie pour l’adhésion de cette dernière dans l’Union Européenne. Michel Rocard s’allie à Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle de 2007 et voulait mettre une alliance avec Bayrou pour faire face à Sarkozy et Jean-Marie Le Pen.
La carrière de Michel Rocard sera marquée par une hémorragie cérébrale survenue lors de son voyage en Inde en juin 2007. Il a eu les soins d’urgence à Calcutta avant de rentrer en France et déclare que les médecins ont réalisé un miracle pour le maintenir en vie et se permettre de se rétablir. Michel Rocard s’est peu à peu retiré de la scène politique française et européenne à la suite de cet accident. Il démissionne de son mandat de député européen en janvier 2009 et ne s’est pas présenté aux européennes du mois de juin de la même année. Toutefois, il assume encore quelques missions, notamment celle d’ambassadeur de France chargé des négociations internationales en rapport avec les pôles Arctique et Antarctique depuis mars 2009.