Le scandale de Mediator a éclaté au mois de novembre de l’année dernière. On a alors découvert que ce médicament, en vente en France entre 1975 et 2009 et consommé par plus de 5 millions de personnes, a causé le décès de nombreuses personnes. L'Agence française des produits de santé (Afssaps) estime le nombre des victimes à 500 ou plus.
Rappelons que Mediator était vendu dans le cadre d’un traitement du diabète et de l’obésité. Le médicament était vanté pour ses vertus coupe-faim. Cette récente étude a également révélé que le médicament mis en cause a provoqué l’hospitalisation de plus de 3 500 personnes pour des problèmes liés au cœur. Rappelons également que le scandale a éclaté assez tardivement en France puisque Mediator a été retiré des ventes depuis quelques années dans d’autres pays. Il n’est par exemple plus accessible sur le marché sanitaire espagnol et italien depuis 2005.
D’autres pays européens ont par contre pris la décision d’interdire Mediator après la réaction française. En tout cas, de nombreux organismes ont condamné la réaction tardive des autorités sanitaires. Certains ont même parlé d’une éventuelle protection des intérêts des laboratoires Servier, premier bénéficiaire de la mise en vente de Mediator.
Ces dernières sont actuellement pointées du doigt par Ministre de la santé Xavier Bertrand en personne. Il a déclaré que malgré des imperfections au niveau de la formule du médicament en question, Servier a toujours tout fait pour le maintenir sur le marché. Xavier Bertrand a également souligné que ce type de « bavure » provient de certaines défaillances liées au fonctionnement de l’Afssaps. Son financement dépend notamment des taxes des laboratoires pharmaceutiques, ce qui implique un certain conflit d’intérêt.
Le Ministre propose alors que ce financement soit pris en charge par l’État. Il estime aussi que les commissions responsables de la mise en vente des médicaments devraient être composées d’un nombre limité de personnes et inclure en plus des experts, des usagers et des revues indépendantes.