La réforme des retraites lancée par le gouverement en Juin dernier a suscité un vif débat.
Tout le monde s’accorde à dire que cette réforme est nécessaire si l’on veut conserver le régime actuel de retraite intergénérationnelle qui est déficitaire de 32 milliards d’euros.
C’est sur les moyens que les opinions divergentes entre le gouvernement et le parti socialiste.
Reprenons point par point les différentes mesures du gouvernement et les contre-propositions du parti socialistes.
L’âge de départ à la retraite
L’augmentation de l’âge de départ à la retraite est un des points de discordes, le parti socialiste ainsi que les partenaires sociaux préfèrent maintenir un départ à l’âge légal de la retraite à 60 ans, même si le parti socialiste précise que ceux qui souhaiteront travailler plus longtemps le pourront.
Les partenaires sociaux souhaitent intégrer « la notion de pénibilité » d’un travail dans le calcul de la retraite.
Sur la pénibilité le gouvernement a laissé entendre qu’il étudiera la question, mais reste sur ses positions sur l’âge de départ à 62 ans.
Le gouvernement objecte à cela qu’on ne peut pas garder le même âge de départ à la retraie alors que la durée de vie s’allonge et il s’appuie sur le modèle des pays européens où, hormis l’ Italie pour les femmes, l’âge départ à la retraite est a minima de 62 ans et en général à 65 ans.
L’emploi des séniors
Tout le monde s’accorde à dire que le taux de chômage élevé des séniors ou les départs en préretraites sont en contradiction avec un prolongement de la durée de cotisation.
Le gouvernent propose donc pour les séniors de plus de 55 ans un tutorat ainsi qu’une aide à l’embauche pendant un an.
Le parti socialiste propose quant à lui de mettre en place un système de bonus/malus envers les entreprises pour favoriser l’emploi des séniors ainsi qu’un tutoriat.
Les nouvelles sources de financement
Le gouvernement propose de trouver de nouvelles sources de financements :
La dernière tranche de l’impôt sur le revenu (hors bouclier fiscal) sera prélevé de 1% supplémentaire.
Idem pour les prélèvements sur les plus-values de cessions mobilières et immobilières et du prélèvement forfaitaire libératoire sur les dividendes et les intérêts.
Ainsi qu’une augmentation des prélèvements sur les stocks options.
Le parti socialiste propose lui aussi de trouver de nouvelles sources de financement :
Prélèvements sur les revenus du capital que ce soit les bonus, les stocks options et les plus-values.
Augmentation progressive des cotisations sociales, salariales et patronales de 0,1% chaque année de 2010 à 2025.
Mise en place d’une taxe sur les bénéfices des banques qui servira à alimenter le fond de réserves des retraites.
La réforme du gouvernement propose également une même cotisation pour le privé et le public
Alignement du taux de cotisations du public sur le privé (qui passera de 7,85% à 10,55%).
Réaménagement de la base de calcul de la pension de retraite
Octroi de trimestres validés supplémentaires pour les jeunes en période de chômages.
Intégration dans le calcul de la retraite de l’indemnité journalière perçue durant le congé maternité.
Le parti socialiste propose la création d’un compte-temps que chacun pourra consulter tout au long de sa vie pour voir où il en est de sa durée de cotisation.
De plus la création de stage rémunéré pour les étudiants leur permettant de cotiser plus tôt pour la retraite, ainsi que la possibilité de cotiser un peu plus au début de la vie active pour rattraper les années d’études.
Ceux qui n’auront pas réalisés de longues études bénéficieront d’un droit à la formation tout au long de leur vie, ce temps sera comptabilisé dans les cotisations retraites.