Malgré un parcours pratiquement sans faute de neuf ans au gouvernement, Michelle Alliot-Marie a connu une véritable descente aux enfers en seulement quelques semaines. Elle était la dernière à s’y attendre, mais l’évènement des premières semaines de février (liés à son séjour familial en Tunisie) ont réussi à fragiliser le soutien de Nicolas Sarkozy.
Cela a même entraîné le départ de MAM, remplacé par Alain Juppé au Ministère des affaires étrangères. Ce remaniement n’a pas manqué de faire réagir les différents acteurs politiques du pays, notamment François Bayrou, président du MoDem ou Mouvement Démocrate. Le député des Pyrénées- Atlantiques s’est prononcé sur le sujet lors du Salon de l’agriculture, le 27 février dernier.
Il a profité de l’occasion pour remettre la politique de gouvernance de Nicolas Sarkozy en question. Il a ainsi déclaré que la situation désastreuse du pays ne résulte pas des personnes au pouvoir, mais du pouvoir en lui-même. En évoquant le remaniement fait il y a quelque mois par le Président de la République, François Bayrou a souligné que ce genre de procédé ne risque pas d’avoir des impacts bénéfiques pour le pays. Il n’a pas non plus voulu donner son avis sur Alain Juppé, alors que la nomination de celui-ci n’a pas encore été officialisée. Bayrou a alors confirmé qu’il ne s’agit pas d’une affaire de personnes.
Il n’a pas non plus mâché ses mots en accusant Nicolas Sarkozy de garder le pouvoir entre ses mains et celles de ces proches. Selon Bayrou, cette manière de faire est la raison des « scandales » politiques qui tendent à se reproduire en France, au grand dam de l’opinion publique. Il a par la même occasion condamné le fait que la France semble avoir oublié quelques principes fondamentaux de la bonne gouvernance, notamment la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice et de la presse.
Il a en tout cas bien fait comprendre qu’il ne croira au savoir-faire de Nicolas Sarkozy que lorsque ce dernier fera réellement ses preuves.