Alors qu’elle brille sur le plan international depuis son accession à la Direction générale du Fonds Monétaire Internationale, Christine Lagarde fait la une de l’actualité locale depuis qu’une enquête a été ouverte sur elle dans l’affaire Tapie. Ouverte officiellement le 16 août dernier, l’enquête porte sur la « complicité de détournement de fonds publics et de faux » La date d’ouverture de l’enquête a été marquée par la signature du « réquisitoire introductif » par le parquet général de la Cour de cassation. Le dossier est maintenant confié à la Cour de justice de la République, plus précisément à une commission d’instruction formée de trois juges indépendants. Pour rappel, l’enquête se porte sur la revente d’Adidas par le Crédit lyonnais (banque publique à cette époque) en 1993. Le Consortium de réalisation auquel a été confiée la liquidation du passif du Crédit lyonnais s’opposait alors à Bernard Tapie et Christine Lagarde aurait alors soldé le litige par un arbitrage privé et contre l’avis de ses services en octobre 2007 alors qu’il s’agissait de fonds publics. Elle se voit également reprocher de ne pas avoir refusé cet arbitrage privé étant donné que la partialité (mise en doute) de certaines juges arbitres était fondée. Le 7 juillet 2008, 400 millions d’euros d’indemnités ont été versés à Bernard Tapie, incluant le préjudice moral et les intérêts de retard. Si l’ancienne ministre de l’économie, des finances et de l’industrie est reconnue coupable dans cette affaire, elle risque une dizaine d’années d’emprisonnement et une amende de 150 000€. Mais elle a déclaré être en dehors de toute malversation et ne compte pas démissionner de son nouveau poste au sein du FMI. Quoi qu’il en soit, les investigations vont prendre beaucoup de temps et le procès aura lieu dans quelques années.